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Afrique : un fonds de 2,5 milliards de dollars envisagé pour accélérer l’IA et les infrastructures numériques


L’Africa AI Council porté par Smart Africa a dévoilé les grandes lignes d’une stratégie visant à structurer l’écosystème de l’intelligence artificielle sur le continent. Au cœur de cette feuille de route figure la création d’un AI Fund for Africa, un mécanisme financier destiné à soutenir les startups, les infrastructures et le développement des talents dans le domaine de l’IA.

Un fonds pour financer l’écosystème africain de l’IA

L’Africa AI Council se présente comme une plateforme africaine réunissant responsables publics, entreprises technologiques, chercheurs et représentants de la société civile afin de coordonner les politiques d’intelligence artificielle à l’échelle du continent.

Sa mission consiste notamment à accompagner les gouvernements dans l’élaboration de stratégies nationales et régionales, à mobiliser des investissements et à promouvoir la recherche et l’innovation dans le domaine de l’IA.

Pour concrétiser ces ambitions, le conseil propose la création d’un AI Fund for Africa, conçu pour attirer des capitaux publics et privés afin de financer l’écosystème africain de l’intelligence artificielle.

Le dispositif envisagé s’articule autour de plusieurs instruments financiers :

  • 500 millions de dollars pour un fonds de fonds destiné à investir dans des fonds spécialisés en IA
  • 200 millions de dollars pour des mécanismes de co-investissement
  • 200 millions de dollars pour des programmes de défis d’innovation
  • 100 millions de dollars pour l’assistance technique et l’accompagnement des projets.

L’objectif est de stimuler les investissements dans les startups africaines tout en évitant de perturber les dynamiques du marché.

Des besoins massifs en infrastructures IA

Le développement de l’intelligence artificielle sur le continent nécessitera également des investissements considérables dans les infrastructures numériques.

Les estimations présentées dans le cadre du projet évoquent des besoins d’environ :

  • 900 MW de capacité de calcul dédiée à l’IA d’ici 2030
  • 9 milliards de dollars pour la construction de data centers
  • 1,5 milliard de dollars pour les infrastructures énergétiques associées.

Ces investissements devraient notamment permettre de financer des data centers régionaux, des réseaux fibre longue distance et des capacités énergétiques adaptées aux charges de calcul liées à l’IA.

La comission souligne également que les stratégies régionales pourraient être plus efficaces que les approches purement nationales, notamment via les communautés économiques régionales africaines.

Les startups africaines freinées par le manque de financement

Malgré une dynamique croissante de l’innovation technologique, les startups africaines restent confrontées à un déficit important de financement.

Selon l’analyse présentée au conseil, le continent ne capte qu’environ 1 % des flux mondiaux de capital-risque, une proportion très faible au regard du potentiel de croissance de l’écosystème numérique africain.

Les startups jouent pourtant un rôle central dans le développement d’applications d’intelligence artificielle adaptées aux réalités locales, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, des services financiers ou encore de l’administration publique.

Le défi majeur : former les talents africains en IA

Le document met également en évidence un déficit important de talents spécialisés dans l’intelligence artificielle en Afrique.

Trois défis majeurs sont identifiés :

  1. un nombre insuffisant de spécialistes formés
  2. une recherche scientifique encore peu visible à l’échelle internationale
  3. des inégalités géographiques et de genre dans l’accès aux formations.

Pour y répondre, la stratégie proposée prévoit plusieurs mesures :

  • le développement de programmes universitaires dédiés à l’IA
  • la création de centres de recherche spécialisés
  • des partenariats avec des acteurs technologiques internationaux
  • des programmes de formation et de reconversion professionnelle à grande échelle.

Une gouvernance africaine de l’IA en construction

Créé sous l’égide de Smart Africa, l’Africa AI Council ambitionne de devenir une instance de coordination stratégique pour les politiques d’intelligence artificielle sur le continent.

Le conseil réunit des ministres du numérique, des dirigeants d’entreprises technologiques, des chercheurs et des experts du secteur afin de formuler des recommandations et de soutenir la mise en œuvre de projets structurants pour l’écosystème africain de l’IA.

Walid Naffati

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