
Alors que le câble sous-marin MEDUSA, reliant Bizerte à Marseille, entre en phase de tests techniques en amont de sa mise en service attendue au premier trimestre 2026, la question des connexions internationales revient au coeur des enjeux numériques de la Tunisie. Une trajectoire construite sur plusieurs décennies, marquée par des infrastructures successives, des cycles technologiques bien définis et des choix stratégiques structurants.
L’évolution des câbles sous-marins reliant la Tunisie à l’international rappelle une réalité souvent invisible pour le grand public. La connectivité mondiale repose sur des investissements lourds, planifiés sur plusieurs décennies, et soumis à des cycles technologiques stricts.
KELTRA, le premier câble sous-marin tunisien
Mis en service en 1995, le câble sous-marin de Tunisie Telecom KELTRA, reliant Kélibia à Trapani en Italie, a constitué l’un des premiers piliers de la connectivité internationale tunisienne. À une époque où l’Internet commençait à peine à se démocratiser, cette liaison directe avec l’Europe a permis d’augmenter les capacités de transmission et d’améliorer la qualité des communications internationales.
Comme toute infrastructure télécom, KELTRA est toutefois arrivé à la fin de son cycle de vie technologique. Devenu obsolète, il n’est plus exploité aujourd’hui comme câble stratégique actif. Son rôle est désormais historique, celui d’un socle initial ayant accompagné l’entrée progressive de la Tunisie dans l’ère du numérique.
Une construction progressive des routes internationales
Avant et après KELTRA, plusieurs câbles sont venus renforcer et diversifier les liaisons internationales du pays. Les systèmes SMW1 et DIDON-SMW2 ont constitué les premières routes de connectivité, avant d’être complétés par des infrastructures plus capacitaires comme SMW4 et le câble HANNIBAL.
Cette superposition de câbles répond à une logique structurelle propre aux réseaux internationaux. Elle permet d’absorber la croissance continue du trafic, d’améliorer la qualité de service et surtout de renforcer la résilience du réseau national face aux incidents techniques, aux coupures accidentelles ou aux tensions géopolitiques.
Dernier jalon en date, le câble sous-marin MEDUSA marque l’entrée de la Tunisie dans une nouvelle génération d’infrastructures internationales. Reliant Bizerte à Marseille, ce système est actuellement en phase de tests techniques, étape indispensable avant sa mise en service commerciale.
Selon les éléments disponibles, l’exploitation de MEDUSA est prévue au cours du premier trimestre 2026, sous réserve de la validation complète des tests de performance et de fiabilité. Ce câble vise à renforcer significativement les capacités internationales du pays, tout en offrant des routes plus directes et mieux sécurisées vers l’Europe du Sud.
Au-delà des débits, MEDUSA s’inscrit dans une logique de souveraineté numérique, de diversification des routes et d’adaptation aux nouveaux usages liés au cloud, aux data centers et aux services numériques à forte valeur ajoutée.
W.N