
La Tunisie a progressé de 11 places sur l’Index mondial Speedtest d’Ookla en 2025, terminant l’année à la 72e position mondiale sur le mobile. Un gain notable porté par le lancement commercial de la 5G en février 2025. En fin d’année, la Tunisie se positionne ainsi deuxième en Afrique du Nord derrière le Maroc, mais devant l’Algérie et l’Égypte.
Mais derrière cette amélioration de classement, les données montrent un essoufflement en fin d’année, signe que la dynamique reste fragile.
Selon les données d’Ookla, la Tunisie avait atteint un pic à la 47e place mondiale en avril 2025, quelques semaines après l’introduction de la 5G. En décembre, le pays se stabilise à la 72e position, avec une médiane mobile autour de 57,3 Mbps. Ce recul par rapport au pic du printemps suggère que la capacité réseau n’a pas totalement suivi la montée en charge des usages.
Les premières phases de lancement 5G tendent à concentrer les tests sur des zones urbaines à forte capacité, ce qui peut temporairement tirer la médiane vers le haut avant normalisation. En Tunisie, l’effet nouveauté observé au premier semestre s’est progressivement dilué à mesure que le nombre d’utilisateurs augmentait et que le trafic se généralisait.
En clair, la 5G a amélioré le positionnement international du pays, mais l’enjeu pour 2026 sera d’augmenter la capacité effective via la densification des sites, l’extension du spectre et l’évolution vers des architectures plus avancées.
Maroc et Algérie : des progressions plus marquées en fin d’année
À l’échelle nord-africaine, la Tunisie n’est pas seule à avoir progressé. Le Maroc signe la plus forte hausse mobile de la région avec un bond de 22 places, atteignant la 39e position mondiale. L’Algérie gagne également 11 places pour se hisser au 78e rang.
La différence tient en grande partie au calendrier. Le Maroc et l’Algérie ont lancé la 5G plus tardivement, respectivement en novembre et décembre 2025. L’effet nouveauté a mécaniquement dopé la part des tests 5G à haut débit dans les mesures Speedtest, ce qui a tiré la médiane vers le haut en fin d’année.
Sur le fixe, l’Algérie réalise la plus forte progression régionale avec un bond de 28 places, atteignant la 109e position mondiale. Le Maroc progresse de 11 places. Ces performances sont liées à l’accélération des déploiements fibre et à la migration progressive des abonnés vers des offres à plus haut débit.

L’Afrique du Nord en transition technologique
Plus largement, 2025 marque un tournant pour l’Afrique du Nord. Quatre des cinq pays de la sous-région ont lancé la 5G au cours de l’année. Cette convergence entre introduction de la 5G et expansion de la fibre a mécaniquement amélioré les indicateurs de performance.
Cependant, l’impact reste hétérogène. L’Égypte, qui a lancé la 5G en juin 2025, ne gagne que trois places sur l’année et affiche une médiane mobile de 44,51 Mbps en décembre. L’utilisation de bandes limitées partagées entre 4G et 5G limite les gains immédiats.
La Libye, de son côté, continue de reculer, illustrant le poids des contraintes structurelles et du contexte politique sur la performance réseau.
Ookla souligne que l’urbanisation, souvent perçue comme un facteur clé, ne suffit pas à expliquer les écarts de performance. Les éléments structurants, tels que le rythme de modernisation des réseaux, la capacité d’investissement, la disponibilité du spectre et la stabilité réglementaire, jouent un rôle déterminant.
Les pays du Golfe restent hors d’atteinte
Malgré les progrès nord-africains, les pays du Golfe conservent une avance très nette. Les Émirats arabes unis dominent la région avec plus de 545 Mbps en médiane mobile en janvier 2025, soit près de dix fois la médiane tunisienne en fin d’année. Le Qatar et le Koweït suivent, et la plupart des pays du Conseil de Coopération du Golfe figurent dans le top 10 mondial sur le mobile.
Sur le fixe, les Émirats, le Koweït et le Qatar occupent également les premières positions régionales. Bahreïn a progressé de 16 places grâce à une décision réglementaire imposant une hausse des débits minimums sur les offres fibre, démontrant l’impact direct des politiques publiques sur les indicateurs de performance.
Au final, le classement 2025 montre une Afrique du Nord en phase d’accélération technologique, mais encore loin des standards du Golfe. Pour la Tunisie, l’année 2026 sera déterminante : transformer le lancement 5G en amélioration durable de la qualité d’expérience et accompagner la montée en puissance des usages par des investissements soutenus en capacité et en fibre.
Walid Naffati