
L’intelligence artificielle en entreprise est en train de changer de nature. Après une phase dominée par l’IA générative et les projets pilotes, une nouvelle étape s’impose : celle des agents d’IA capables d’agir, de coordonner des tâches complexes et de produire un impact business mesurable.
C’est le principal enseignement du webinaire TechByte: The ROI Blueprint: How to Scale AI Agents for Measurable Business Value, organisé par Google Cloud à partir des résultats de l’étude mondiale The ROI of AI 2025, menée auprès de plus de 3 400 dirigeants.
Le chiffre clé est sans appel : 88 pour cent des entreprises ayant adopté des agents d’IA déclarent un retour sur investissement positif en moins d’un an.
De l’expérimentation à l’IA qui agit
Les intervenants soulignent un basculement clair entre deux approches. D’un côté, une IA générative encore souvent cantonnée à la production de contenus ou à l’assistance conversationnelle. De l’autre, une IA agentique, capable de raisonner, d’utiliser des outils métiers et d’exécuter des workflows complets.
Cette évolution marque la sortie progressive de la phase d’expérimentation. Les entreprises qui passent à l’échelle ne déploient plus des cas d’usage isolés, mais structurent leurs agents comme de véritables briques opérationnelles au cœur des processus métiers.
Trois niveaux de maturité des agents d’IA
Les slides de la présentation distinguent trois niveaux de maturité.
- Le premier niveau repose sur des tâches simples : chatbots, recherche d’information, génération de texte ou d’images.
- Le deuxième niveau correspond à des applications à base d’agents, notamment dans le service client, le support interne ou la création de contenus.
- Le troisième niveau, le plus avancé, repose sur des workflows multi-agents, capables d’orchestrer plusieurs systèmes, d’interagir avec les données de l’entreprise et de gérer des processus de bout en bout.
C’est à ce stade que les gains deviennent structurels et durables.
Où les agents d’IA créent le plus de valeur
L’étude identifie cinq domaines où l’impact est le plus fort.
La productivité arrive en tête. Environ 70 pour cent des dirigeants interrogés déclarent des gains significatifs, liés à l’automatisation des tâches répétitives, à la réduction des délais et à une meilleure allocation des compétences humaines.
L’expérience client constitue le deuxième levier majeur. 83 pour cent des organisations constatent des améliorations mesurables, grâce à des interactions plus rapides, personnalisées et disponibles en continu.
La croissance des revenus est également au rendez-vous. 56 pour cent des entreprises observent un impact direct, notamment via une meilleure qualification des leads, l’optimisation des ventes ou la gestion prédictive des stocks. Certains cas évoquent jusqu’à 1,4 million de dollars de valeur annuelle générée.
Le marketing bénéficie lui aussi de l’IA agentique. 55 pour cent des décideurs notent des performances accrues dans la création de contenus, la personnalisation des campagnes et l’analyse des données clients.
Enfin, la sécurité s’impose comme un cas d’usage stratégique. 49 pour cent des organisations rapportent une amélioration de leur posture de sécurité, avec des agents capables de détecter plus tôt les menaces et de réduire les délais de réponse aux incidents.
Pourquoi les early adopters réussissent plus vite
Les entreprises qui atteignent un ROI rapide partagent plusieurs points communs. Elles traitent les agents d’IA comme des produits à part entière, avec une feuille de route claire, des indicateurs de performance et un cycle de vie maîtrisé.
Elles investissent également dans la gouvernance des données, la sécurité et la formation des équipes. L’IA n’est pas abordée comme un simple projet IT, mais comme une initiative stratégique portée par la direction.
Autre facteur clé : la capacité à prioriser les cas d’usage en fonction de leur valeur business réelle, plutôt que de chercher à résoudre les problèmes les plus complexes dès le départ.
Une feuille de route en quatre étapes
Les intervenants recommandent une approche structurée autour de quatre axes :
- D’abord, gérer les agents d’IA comme des produits, avec des objectifs clairs et mesurables.
- Ensuite, connecter les agents aux données de référence de l’entreprise, pour garantir cohérence, fiabilité et conformité.
- Troisièmement, trouver le bon équilibre entre coûts, rapidité de déploiement et expérience utilisateur.
- Enfin, faire progresser l’organisation vers une maturité IA, en passant progressivement des usages simples à des workflows avancés.
Un signal fort pour les décideurs
Le message est clair. L’IA agentique n’est plus une promesse ni un sujet de démonstration technologique. Elle s’impose comme un levier concret de performance et de compétitivité, à condition d’être déployée avec méthode, gouvernance et vision long terme.
Pour les entreprises qui franchissent ce cap, le retour sur investissement n’est plus une hypothèse. Il est déjà mesurable.
Walid Naffati