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Les Tunisiens auront-ils la chance de surpasser les Chinois dans le reverse engineering ?

Les Tunisiens auront-ils la chance de surpasser les Chinois dans le reverse engineering ?

Ce n’est plus un secret pour personne. Les produits «Made in China» inondent le marché tunisien. Mais l’essor de ces produits qui représentaient, il y a quelques années encore, la «camelote», prend une nouvelle tournure puisque même de grandes marques commencent à en présenter. C’est le cas, par exemple, des téléphones double SIM.

Les Tunisiens auront-ils la chance de surpasser les Chinois dans le reverse engineering ?Ce n’est plus un secret pour personne. Les produits «Made in China» inondent le marché tunisien. Mais l’essor de ces produits qui représentaient, il y a quelques années encore, la «camelote», prend une nouvelle tournure puisque même de grandes marques commencent à en présenter. C’est le cas, par exemple, des téléphones double SIM.

On se souvient tous des premiers téléphones à «double puces», comme les appellent les Tunisiens. Un nom donné à ces produits qui intègrent deux emplacements pour des cartes SIM. Beaucoup ne le savent pas, mais ce type de produit a vu le jour grâce à des débrouillards qui ont eu l’idée d’apporter une petite modification à un téléphone Nokia. Elle consistait à intégrer un circuit de deux cartes SIM et permettait de switcher entre les deux en rallumant le téléphone à chaque fois. 

C’est de là que des modèles chinois ont fait leur apparition. Ils intègrent deux puces et deux antennes réseau permettant d’accéder aux deux cartes SIM en même temps. Ces téléphones ont connu un tel succès qu’ils ont envahi tous les marchés tant ils répondaient à un besoin que les grandes marques de téléphone n’avaient pas identifié. 

Samsung et par la suite Nokia, se sont ainsi saisi de cette «innovation», pour lancer leur propre gamme de téléphones double SIM. Il est à noter que ces produits étaient destinés uniquement au continent africain et au Moyen-Orient.

Le cas de l’impression continue

L’impression a toujours posé un sérieux problème pour le porte-feuille du Tunisien : entre les rames de papier, et surtout le rachat des cartouches d’encre d’origine. C’est de là qu’une «ingéniosité» a permis d’économiser drastiquement les frais d’entretien grâce à des cartouches adaptables. Elles sont beaucoup moins chères que celles dites d’origine. On peut remplir les chambres de ces cartouches manuellement, par injection de l’encre via une seringue.

Certes la qualité de l’impression laissait à désirer, mais une telle solution a tellement plu que même les petites entreprises l’ont adoptée pour les impressions de documents internes. Comme les Chinois ne se posent jamais de limites, ils ont voulu améliorer encore plus le procédé avec une nouvelle solution de meilleure qualité et encore plus économique. Il ont traficoté un petit système qui a fait fureur de par le monde (ou du moins… le nôtre).

Ce système, baptisé «impression continue» consiste en l’introduction de réservoirs d’encre dont des tubes sortent et s’intègrent à la tête d’impression, réduisant ainsi sérieusement les coûts.

Les grandes marques d’imprimantes se sont alors appropriées cette innovation pour l’intégrer rapidement dans leurs produits. C’était tout d’abord le cas de Brother et enfin d’Epson qui ont lancé des références avec réservoir mais dont la commercialisation est limitée à la zone Afrique du Nord et Moyen Orient.

Cydia et les iPhones d’Apple

Si l’iPhone est l’un des smartphones les plus vendus au monde (et le plus cher), il affiche beaucoup de limitations. Dans ses anciennes versions, il ne disposait pas de moyen d’obtenir un accusé de réception du SMS ou la date de prise de photo, de parcourir les fichiers internes du téléphone, ou encore d’avoir une notification de double appel, etc.

Encore une fois, la communauté des bricoleurs a décidé d’agir seule sans attendre Apple avec Cydia. Ce marché de «tweaks» qui ajoutent plusieurs fonctionnalités à votre iPhone. Il suffit que ce dernier soit jailbreaké (plus aucune restriction dans l’installation des fonctionnalités). Et comme les autres marques citées ci-dessus, Apple à son tour s’est souvent servi des ces «tweaks» pour les récupérer dans les mises à jour de l’IOS. 

Ce qu’on peut retenir de toutes ces histoires, c’est qu’aujourd’hui, ce sont les grandes marques qui se servent des étalages du «marché parallèle» pour innover, et non le contraire. On s’étonnera toutefois que toutes ces astuces soient généralement trouvées par des Chinois et qu’elles soient finalement adoptées par les marques et commercialisées dans nos marchés. Le Tunisien a la réputation d’être un bon bricoleur. On se demande alors pourquoi on ne voit guère ce genre «d’innovations» sortir du pays des Jasmins. Pourquoi ne devient-on pas les pionniers du reverse engineering. Après tout, c’est grâce à ça que la Chine a commencé, petit à petit, à devenir une puissance économique mondiale.

Emir Sfaxi

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