L'actuTHD

Marketing digital et IA (Part1) : Pourquoi les règles ont déjà changé pour 2026

Le marketing digital n’a pas attendu 2026 pour changer de visage. C’est l’un des constats forts qui ressort de l’épisode 183 de notre podcast DigiClub, powered by Huawei, ooredoo Business et Bac Pay.

Pour décrypter cette bascule, nous avons reçu Hosni Krid Gargouri, CEO de Pi2R. Un échange sans langue de bois sur l’impact réel de l’intelligence artificielle générative, des nouveaux algorithmes et du changement de logique imposé par les grandes plateformes.

Google et son IA Gemini

Premier sujet de rupture abordé : Google. Avec l’arrivée des AI Overviews, le moteur de recherche ne se contente plus de référencer des pages. Il fournit directement une réponse synthétique générée par l’IA, parfois accompagnée d’extraits précis de vidéos ou de contenus.

Concrètement, l’utilisateur obtient sa réponse sans quitter Google. Pour les éditeurs de sites, la question est sensible : leur contenu alimente les réponses, mais le trafic ne suit plus forcément. Du côté de Google, l’argument est clair : répondre plus vite et garder l’utilisateur dans son écosystème.

Du SEO au GEO, un changement de paradigme

Ce nouveau fonctionnement entraîne un basculement stratégique. Le SEO classique, basé sur les mots-clés et les liens bleus, ne suffit plus. Une nouvelle notion s’impose : le GEO, pour Generative Engine Optimization.

L’objectif n’est plus seulement d’apparaître dans les résultats, mais d’être cité dans la réponse générée par une IA comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity. Et pour cela, les critères changent. L’IA ne se contente pas d’analyser des pages optimisées, elle évalue la crédibilité globale d’une marque.

L’autorité de marque devient centrale

Pour les moteurs génératifs, la question n’est plus de “qui utilise les bons mots-clés ?” mais “qui fait autorité ?”.
L’IA croise les sources, vérifie si une marque est citée dans la presse, si elle apparaît dans des analyses de fond, si elle est recommandée ou reconnue dans son secteur.

Résultat : le contenu superficiel ou produit à la chaîne perd de sa valeur. À l’inverse, les contenus denses, documentés, appuyés par des données, des experts et des références crédibles prennent un avantage décisif.

Digital PR et contenu de fond, un retour en force

Dans ce contexte, le Digital PR et le netlinking redeviennent stratégiques. Être mentionné par des médias reconnus, obtenir des liens de qualité et s’inscrire dans des écosystèmes éditoriaux solides pèse désormais lourd dans la manière dont les IA classent et citent les marques.

Créer des dossiers de fond, publier des analyses, inviter des experts et produire du contenu long devient une nécessité, pas un luxe.

Podcasts et médias de marque comme leviers stratégiques

Autre enseignement fort de notre invitée : les médias de marque prennent une nouvelle dimension.
Un podcast d’entreprise, une plateforme éditoriale ou une newsletter spécialisée ne servent plus seulement à communiquer. Ils participent directement à la construction de l’autorité de marque et à la crédibilité perçue par les moteurs d’IA.

Dans un écosystème où la visibilité se joue aussi hors des moteurs de recherche classiques, posséder ses propres canaux devient un avantage stratégique.

Le site web reste le cœur du dispositif

Malgré la montée en puissance des plateformes et de l’IA, le site web n’est pas relégué au second plan. Son rôle évolue. Il devient le cœur de la stratégie Data. Pour les plateformes publicitaires comme Meta, le site envoie des signaux essentiels via le pixel ou l’API de conversion : qui visite, qui interagit, qui achète.

Sans trafic qualifié ni données exploitables, les algorithmes publicitaires perdent en efficacité. Résultat : des campagnes plus chères et moins performantes.

L’IA comme outil, pas comme raccourci

Dernier point clé abordé : l’IA ne remplace ni l’expertise ni la réflexion. Utilisée intelligemment, elle permet de gagner du temps sur les tâches répétitives, de structurer les idées et d’améliorer la qualité finale. Utilisée comme un simple outil de copier-coller, elle produit du contenu sans valeur et sans impact.

À terme, la différence se fera entre ceux qui utilisent l’IA pour élever leur niveau et ceux qui s’en servent pour produire plus vite, mais moins bien.

Une chose est certaine : en 2026, la visibilité ne se jouera plus uniquement sur Google ou les réseaux sociaux, mais sur la capacité des marques à être crédibles, citées et reconnues par les intelligences artificielles.

Pour consulter l’épisode sur Youtube et sur SoundCloud.

Walid Naffati

Facebook Comments

Plus Populaires

To Top