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Cyber criminalité : Quand Mehdi Jomaa s’approprie un projet de la Troika

Cyber criminalité : Quand Mehdi Jomaa s’approprie un projet de la Troika

«Combattre du terrorisme se fait aussi par le combat contre la cyber criminalité et le cyber terrorisme. On a pris des procédures urgentes. On a créé une cellule qui se chargera de ça et du recrutement des terrorises via Internet. Nous sommes en train de préparer le cadre légal pour ça». C’est dans ces termes que le Président du gouvernement Mehdi Jomaa s’est adressé hier, 14 mai, aux directeurs de journaux lors d’un point de presse organisé à la Kasbah pour présenter son bilan des 100 jours passés au gouvernement.

Cyber criminalité : Quand Mehdi Jomaa s’approprie un projet de la Troika«Combattre le terrorisme se fait aussi par le combat contre la cyber criminalité et le cyber terrorisme. On a pris des procédures urgentes. On a créé une cellule qui se chargera de ça et du recrutement des terrorises via Internet. Nous sommes en train de préparer le cadre légal pour ça». C’est dans ces termes que le Président du gouvernement Mehdi Jomaa s’est adressé hier, 14 mai, aux directeurs de journaux lors d’un point de presse organisé à la Kasbah pour présenter son bilan des 100 jours passés au gouvernement.

Dans un ton moins alarmiste que la dernière fois où il s’est adressé au public pour dire que nous risquons le naufrage, son allocution d’hier soir s’est faite en direct à la télé, structurée, claire, bien qu’elle manque de précisions. Il s’est limité aux généralités esquivant les vrais problèmes qui demandent des décisions courageuses et impopulaires. Des réformes qu’il doit lancer pour sauver la Tunisie de la banqueroute. Sa communication était bonne, mais elle maintient le flou sur l’avenir économique du pays.

Parmi les premiers points qu’il a évoqués, Mehdi Jomaa a parlé du terrorisme car «sans sécurité, on ne peut parler d’’élection ou même de relance économique», a-t-il affirmé. Mais ce ministre «jeune, cool et branché» n’a pas manqué l’occasion pour évoquer le «cyber terrorisme» et la «cyber criminalité». Deux termes techniques qu’il a annoncés en langue de Molière, devant un parterre de directeurs de journaux et rédacteurs en chef dont la majorité proviennent de la presse imprimée arabophone et classique. «C’est le terrorisme via Internet», a tenté d’expliquer succinctement Mehdi Jomaa après un moment de silence où il a observé le visage des présents. 

Seulement voilà. En annonçant la création en urgence d’une cellule qui va s’occuper de la cyber criminalité et du cyber terrorisme, on se demande si Mehdi Jomaa était au courant que cette «cellule», existait avant même sa nomination en tant que Chef du gouvernement. Elle s’appelle l’Agence Technique des Télécommunications (A2T) et a été annoncée dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) n°90 datant du 12 novembre 2013. 

Or, cette agence, jusqu’au jour d’aujourd’hui, n’a pas de PDG fixe. Le nouveau ministre des TIC, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a nommé un nouveau directeur remplaçant Ali Gherib avant même la publication du décret sur le JORT concernant ce dernier. Et le nouveau décret officialisant cette nouvelle nomination de Jamel Zenkri n’a été publié que très récemment dans le journal à la date du 2 mai dernier.

Pis : Cette agence est une coquille vide. Elle n’a même pas de local, de matériel ou encore moins d’agents. Son existence se limite juste à une annonce parue dans les médias. De ce fait, on se demande bien si Mehdi Jomaa tente de s’approprier un projet controversé que lui a laissé la Troika. A moins qu’elle soit une nouvelle cellule fraichement constituée, sans annonce préalable dans le JORT…

Si c’est le cas, cette cellule est rattachée à quel ministère ? Au ministère des TIC ou au ministère de l’Intérieur ? Et quel est son rôle exactement ? De veille ou d’espionnage ? Et puis, quand il dit «Nous sommes en train de préparer le cadre légal pour ça», devrions-nous comprendre que cette «cellule» travaille illégalement ?

Depuis sa prise de fonction, il est force de constater que Mehdi Jomaa excelle dans une seule chose : la communication et les effets d’annonce. Et pour le secteur des TIC, les réformes et les décisions courageuses se font toujours attendre… même après 100 jours de prise de fonction. 

Welid Naffati

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