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Entreprises : les enseignements de HPE pour passer de l’expérimentation à l’IA à grande échelle

Hewlett Packard Enterprise (HPE) détaille dans un nouveau livre blanc son expérience du déploiement de l’intelligence artificielle à grande échelle. En 2025, l’entreprise a recensé près de 700 nouvelles demandes d’initiatives IA, dont une centaine sont déjà en production. Son assistant interne d’IA générative, ChatHPE, a par ailleurs enregistré près de 2 millions d’interactions et est désormais accessible à plus de 60 000 collaborateurs de HPE et Juniper.

De l’expérimentation à l’usage quotidien

HPE explique avoir choisi de ne pas partir des modèles ou des infrastructures technologiques, mais des problèmes métiers. Chaque unité opérationnelle est ainsi considérée comme un « client » du programme d’IA appliquée à l’entreprise.

Un système centralisé permet de suivre les initiatives depuis leur conception jusqu’à la production, en évaluant notamment leur valeur potentielle, leurs dépendances aux données et les risques associés.

Cette approche concerne notamment la finance, les opérations, le marketing, les ventes et les équipes techniques.

Des gains mesurables dans les opérations

Dans les opérations mondiales, une IA conversationnelle connectée aux systèmes de commande, de facturation et de logistique traite des demandes simples comme le suivi d’une commande ou l’obtention d’une facture. Selon HPE, ce dispositif a permis de réduire d’environ un tiers le nombre de cas de support concernés, tout en assurant une disponibilité 24h/24 et 7j/7.

L’IA est également utilisée pour configurer des solutions complexes. HPE traite environ 2 millions de configurations par an. Sur une partie de son portefeuille de stockage, le temps de configuration est passé de plusieurs minutes à moins de deux minutes dans de nombreux cas.

Dans la chaîne logistique, les modèles d’IA ont aussi amélioré la précision des prévisions. Côté support technique, un assistant analyse les demandes, recherche les informations pertinentes et prépare une première réponse, toujours validée par un ingénieur.

L’IA transforme aussi la finance et les ventes

HPE utilise notamment « Adair », un assistant IA destiné aux relations investisseurs. Il analyse l’historique financier et les communications de l’entreprise, aide à préparer les annonces de résultats et anticipe les questions des analystes. Lors d’un trimestre récent, ses prédictions correspondaient aux questions réellement posées près de quatre fois sur cinq.

Un autre outil, « Alfred », permet aux dirigeants d’interroger les données de performance en langage naturel. HPE insiste ici sur le déterminisme : dans un même contexte, une même question doit produire la même réponse.

Dans le marketing, l’IA SDR rassemble différentes informations sur les prospects afin d’aider les commerciaux à mieux comprendre leur profil et leurs intentions. HPE affirme que la productivité globale de l’équipe a progressé d’environ 20 % grâce à cette approche.

Les données restent le principal défi

L’un des enseignements majeurs du retour d’expérience de HPE concerne moins l’IA elle-même que les données nécessaires à son fonctionnement.

L’entreprise a notamment découvert que les informations relatives à sa base installée étaient dispersées entre différents ERP, CRM, outils commerciaux et plateformes partenaires. Cette situation a conduit à la création d’une vue « Install Base 360 », destinée à fournir une base de données plus complète et fiable pour les futurs projets d’analyse et d’expérience client.

HPE estime ainsi que la qualité, la structure et la provenance des données peuvent avoir davantage d’influence sur les résultats que la taille du modèle utilisé.

Vers une entreprise « agentique »

HPE observe désormais un passage progressif des outils d’IA isolés vers des systèmes plus autonomes. L’entreprise évoque le développement d’une « entreprise agentique », dans laquelle des agents logiciels pourraient gérer certaines tâches routinières, coordonner des systèmes et prendre des décisions contextuelles, sous supervision humaine.

Cette évolution concerne notamment le cloud hybride, l’observabilité et l’optimisation des réseaux. Mais HPE souligne que cette transformation nécessite également de nouvelles compétences. Comprendre les données, les applications, les réseaux, les ressources de calcul et les systèmes reste indispensable, même lorsque les tâches sont progressivement automatisées.

Gouvernance et adoption, deux conditions essentielles

HPE estime que la gouvernance ne doit pas être considérée comme un frein à l’innovation. L’entreprise a consacré environ un an et demi à définir ses principes éthiques en matière d’IA, qui servent aujourd’hui de cadre pour évaluer les nouveaux projets.

L’adoption constitue un autre enjeu majeur. HPE indique que ses équipes ont privilégié l’intégration de l’IA directement dans les outils et workflows déjà utilisés par les collaborateurs, plutôt que de multiplier les plateformes autonomes.

L’entreprise reconnaît également que certains métiers et rôles pourraient évoluer, voire disparaître, avec l’automatisation. Elle estime qu’un dialogue ouvert et des programmes de montée en compétences sont nécessaires pour accompagner cette transformation.

Pour HPE, l’expérience de ces plus de 700 initiatives montre finalement que le passage à l’IA ne consiste pas simplement à multiplier les projets. Il repose sur la capacité à sélectionner les bons cas d’usage, disposer de données fiables, instaurer une gouvernance claire et surtout faire adopter les nouveaux outils par les collaborateurs.

L’entreprise considère ainsi que la maturité en matière d’IA se construit moins par l’accumulation de modèles que par la capacité à apprendre des déploiements précédents et à réutiliser les connaissances acquises à l’échelle de toute l’organisation.

Walid Naffati

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