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Protection des enfants en ligne : l’UNICEF appelle la Tunisie à aller au-delà de l’interdiction des réseaux sociaux

L’UNICEF Tunisie appelle à une approche globale pour protéger les enfants dans l’environnement numérique, alors que les propositions visant à restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans se multiplient en Tunisie.

Dans un éditorial publié le 27 août 2026, l’organisation reconnaît la légitimité des inquiétudes liées à l’exposition des enfants aux écrans, au cyberharcèlement, aux sollicitations sexuelles, aux contenus violents ou haineux et aux nouvelles formes d’exploitation. Selon une enquête U-Report menée en ligne en 2021, près d’un adolescent sur deux en Tunisie déclarait avoir vécu ou observé une forme de violence en ligne.

Pour l’UNICEF, une restriction d’âge peut constituer « une partie de la réponse », mais elle ne peut suffire à elle seule. L’organisation souligne que les risques sont également liés à la conception même des plateformes, notamment aux algorithmes qui privilégient l’engagement et au fonctionnement des systèmes de recommandation, ainsi qu’aux mécanismes de modération jugés insuffisants face aux contenus préjudiciables.

La responsabilité des plateformes au cœur du débat

L’UNICEF estime ainsi que le débat ne devrait pas porter uniquement sur le comportement des enfants ou le contrôle exercé par les parents, mais également sur la responsabilité des plateformes numériques. L’organisation appelle notamment à renforcer progressivement le cadre juridique, imposer la sécurité dès la conception des services numériques, améliorer la coopération avec les plateformes et développer des mécanismes efficaces de signalement et de retrait des contenus illicites.
L’organisation recommande également de poursuivre les investissements dans l’éducation au numérique, l’accompagnement des parents, la formation des enseignants et les services de protection de l’enfance.

L’UNICEF cite notamment l’expérience australienne, où la restriction d’âge est intégrée à un dispositif réglementaire plus large. Les premiers mois d’application mettent toutefois en évidence des difficultés de conformité des plateformes, soulignant l’importance du contrôle, du suivi et de l’évaluation des mesures adoptées.

Pour l’organisation, l’objectif ne doit donc pas être uniquement de limiter l’accès des enfants au numérique, mais de construire un environnement où leur sécurité, leur santé, leur développement et leurs droits constituent des priorités. L’UNICEF insiste également sur la nécessité d’entendre les enfants et les adolescents eux-mêmes dans l’élaboration des politiques qui les concernent.

D’après communiqué

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