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Marketing digital et IA (Partie 2) : quand la Data, l’expérience client et l’IA font la différence

Après un premier épisode consacré à l’impact de l’intelligence artificielle sur la recherche et la visibilité en ligne grâce à l’IA (lire notre article : Marketing digital et IA (Part1) : Pourquoi les règles ont déjà changé pour 2026), le podcast DigiClub powered by Huawei, ooredoo Business et Bac Pay, poursuit l’analyse avec une deuxième partie résolument orientée business et terrain.

Invitée pour cette deuxième partie Hosni Krid Gargouri, CEO de Pi2R, va plus loin que les tendances. Elle décrypte ce qui permet concrètement à une entreprise de vendre, d’optimiser ses budgets et de croître en 2026.

Publicité digitale : la fin du ciblage manuel

Premier constat sans détour. Sur Meta, le ciblage manuel tel qu’on l’a connu appartient au passé. Choisir l’âge, la ville, les centres d’intérêt ou multiplier les exclusions devient contre-productif. En 2026, l’algorithme comprend mieux l’audience que l’annonceur lui-même. La logique consiste à laisser un ciblage large et à fournir à Meta ce qu’il attend vraiment : des signaux de conversion fiables via le Pixel ou l’API de conversion du site web.

Sans site qui génère de la donnée exploitable, la publicité devient un pari coûteux. Avec un site actif et du trafic qualifié, l’algorithme apprend, affine et va chercher des profils similaires à ceux qui convertissent réellement.

De l’IA générative à l’IA agentique

Autre bascule majeure évoquée dans cet épisode : l’arrivée de l’IA dite agentique.
Contrairement à l’IA générative qui répond à une question ou produit un contenu, l’IA agentique exécute une mission.

Il ne s’agit plus de demander à une IA quoi écrire, mais de lui confier un objectif. Gérer un service client, traiter les réclamations, proposer des compensations ou orienter les demandes techniques de façon autonome. L’IA ne suit plus des instructions mot à mot, elle agit pour atteindre un résultat.

Pour les entreprises, cela marque le passage de l’outil IA à une forme d’employé numérique, avec un impact direct sur l’organisation interne et la relation client.

Persona et expérience, le vrai levier de visibilité

Face à l’automatisation, Hosni Krid Gargouri insiste sur un retour aux fondamentaux : Le Persona et l’expérience client.

L’exemple d’une maison d’hôte illustre parfaitement cette logique. Avant de penser communication ou réseaux sociaux, il faut définir précisément le client idéal. Son âge, son rythme de vie, ses attentes, ses frustrations. Une fois ce Persona identifié, toute l’expérience doit être pensée pour lui. L’accueil, l’ambiance, les détails sensoriels, les horaires, le service. Si l’expérience est cohérente et maîtrisée, le marketing devient presque secondaire.

Pourquoi ? Parce que les clients produisent eux-mêmes la preuve sociale. Avis, photos, commentaires, recommandations. En 2026, les moteurs de recherche et les IA ne se basent plus uniquement sur des mots-clés, mais sur la répétition de signaux humains authentiques. Une expérience réussie devient alors le meilleur moteur de référencement et de recommandation.

Internaliser ou passer par une agence

Question inévitable pour les dirigeants. Avec l’IA, faut-il encore travailler avec une agence ? La réponse est nuancée. L’exécution quotidienne gagne à être internalisée. Création de contenus, gestion des réseaux sociaux, interaction avec la communauté. Être au cœur de l’entreprise permet plus de réactivité et d’authenticité.

En revanche, la valeur ajoutée d’une agence se situe désormais ailleurs. Dans la stratégie, le recul et la capacité à challenger les décisions. Une agence observe plusieurs secteurs, détecte les signaux faibles et alerte quand une approche ne fonctionne plus. Son rôle évolue vers celui de copilote et de consultant stratégique, capable de dire quand il faut pivoter.

Digital Corner et fin des clichés sur le Tunisien

Dernier point fort de l’épisode, le Digital Corner, espace d’échange entre décideurs et experts, permet de déconstruire plusieurs idées reçues. Non, le Tunisien n’est pas monolithique. Il peut consommer des formats courts sur TikTok et écouter un podcast de plusieurs heures si le contenu est pertinent.

Le vrai problème vient souvent des décisions prises à l’instinct, basées sur les goûts personnels du dirigeant. En 2026, l’ego devient un frein. La seule boussole valable reste la Data. Si les chiffres montrent que les clients convertissent via un site web, un formulaire simple ou un contenu long, alors c’est cette voie qu’il faut suivre, indépendamment des opinions personnelles.

Le mindset indispensable pour 2026

En conclusion, le conseil est clair : Accepter l’erreur, tester vite, ajuster souvent. Le marketing annuel figé n’a plus de sens. Les cycles se raccourcissent, les tests se font sur quelques semaines, parfois quelques jours.

L’agilité n’est plus un concept à la mode, mais une condition de survie. Et malgré l’omniprésence de l’IA, une chose ne change pas. Derrière chaque clic, chaque achat et chaque interaction, il y a un humain en quête d’une expérience cohérente et de valeur.

Le podcast est disponible sur SoundCloud et sur Youtube.

Walid Naffati

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