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Quel est le futur des métiers à l’ère de l’IA ?  

Futur des métiers à l’ère de l’IA, industrie 5.0, « useless people » ou encore loi 72 ; à la lumière des études, et de l’actualité, au sujet de l’intelligence artificielle, nous avons invité, dans le 148e épisode de DigiClub powered by Topnet et Huawei Technologies, Mohamed Naceur Ammar, ancien ministre des Technologies de la communication, pionnier de l’Enseignement supérieur IT en Tunisie et cofondateur de la première école de l’IA, pour discuter de ces thématiques.

L’intelligence artificielle est au cœur de l’actualité de ces derniers mois de par son développement rapide et les conséquences que cela pourrait avoir sur certains secteurs d’activité. Plusieurs affirment qu’une adoption accélérée de cette technologie conduirait à la transformation des métiers voire la disparition de certains métiers. « Il y a des transformations profondes qui impactent plusieurs domaines. Sur le plan technologique, elles [les transformations] sont induites par la convergence des NBIC », déclare Mohamed Naceur Ammar. Les NBIC, acronyme faisant référence aux nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives, renvoient aux technologies de l’infiniment petit (atome/molécule), aux sciences du vivant (gènes), aux technologies de l’information (bit/data) et à l’étude du cerveau humain (neurones) ; des transformations accélérées par la pandémie du COVID19.

Ces transformations, de plus en plus rapides, nous mènent vers une nouvelle révolution industrielle ; L’industrie du XXe siècle (industrie 3.0) se transforme en industrie 4.0 voire 5.0. La 3ème révolution industrielle, telle que nous la connaissons, a impacté les ouvriers qui se voient remplacés par des machines ou encore des robots. Cependant, avec les transformations technologiques et l’introduction accélérée de l’intelligence artificielle, les cadres et les employés qualifiés se voient également menacés. « Des emplois, y compris très qualifiés, sont impactés par l’intelligence artificielle. Donc les ouvriers seraient remplacés par des robots mais les cadres supérieurs pourraient être remplacés par des algorithmes dans les bureaux. », explique l’invité.

 

Les métiers, tout domaine confondu, et les employés, qualifiés ou non, sont donc en voie de digitalisation et de transformation avec la menace d’un chômage technique de masse. Des métiers présentent, en outre, un risque plus important d’automatisation et de digitalisation tel que l’énonce M. Ammar : « Les tâches qui présentent le plus grand risque d’être remplacées par un algorithme sont les tâches répétitives. » Les comptables, par exemple, sont donc parmi les plus vulnérables face à cette mutation technologique. Ainsi, les mutations technologiques ont révolutionné le marché du travail obligeant les professionnels à se concentrer, non pas sur la formation au métier, mais néanmoins sur les compétences acquises, soit les compétences techniques, scientifiques et notamment empathiques, une compétence propre à l’Homme ; « Les métiers qui croisent les compétences empathiques et les compétences scientifiques et techniques sont les métiers les plus prémunis contre les changements futurs. », ajoute l’ancien ministre des Technologies de la communication.

« On passe donc d’une ingénierie de la formation à une ingénierie de la compétence », résume ainsi Mohamed Naceur Ammar. Les métiers futurs sont donc, à l’ère de l’IA, plus attentifs aux compétences acquises par les employés tout au long de la vie que par les formations suivies. Un changement qui devra s’opérer à toutes les échelles notamment au niveau de l’enseignement : « La leçon à tirer, pour les générations futures, c’est d’engager une refonte en profondeur du système éducatif pour aller vers cette nouvelle ingénierie des compétences », conclut l’invité, cofondateur de la première école de l’IA en Tunisie, l’école Pristini.

 

L’interview au complet est disponible en version audio sur notre canal SoundCloud et en version vidéo sur notre chaîne Youtube.

Meriem Choukaïr 

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