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L’intelligence artificielle entre menaces et opportunités

C’est dans les années 50 que l’on a commencé à entendre parler de l’intelligence artificielle, cette branche de l’informatique qui, dans sa définition la plus simpliste, cherche à faire apprendre à des machines à simuler l’intelligence humaine. Plusieurs recherches ont été conduites mais la discipline n’a percé que récemment. C’est avec l’arrivée de ChatGPT en 2022, que l’hiver de l’IA a commencé à se dissiper.

Dans le sillage de ce hype autour de cette technologie, les avis divergent. Certains y voient une opportunité, d’autres un monstre. Le monde est, en effet, divisé à ce sujet. Pour plusieurs l’IA est un véritable levier de croissance économique. Pour d’autres une menace à plusieurs niveaux, notamment pour l’emploi dans certains secteurs d’activité.

Ceux qui y voient une opportunité pensent, toutefois, que seule une utilisation responsable de cette technologie en ferait un moteur de croissance, de productivité, d’efficacité. Plusieurs organisations internationales travaillent, d’ailleurs, depuis quelques années, bien avant ChatGPT, sur une utilisation responsable de l’intelligence artificielle pour mitiger les risques d’abus.

Tel est le cas de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Celle-ci dispose, d’ailleurs, d’une unité totalement dédiée à l’intelligence artificielle. Supervisée par Karine Perset, cette unité a développé en 2019 dix principes sur l’utilisation de l’IA : cinq valeurs que doivent respecter les développeurs de cette technologie, et cinq principes de politiques publiques à mettre en œuvre pour que cette technologie puisse bénéficier aux sociétés et aux économies, nous explique Mme Perset dans une interview accordée à THD.tn.

L’organisation œuvre, depuis, sur l’implémentation de ces principes à travers des groupes de travail regroupant des pays membres et partenaires de l’OCDE ainsi que des experts qui aident ces pays à élaborer des recommandations basées sur la réalité technologique.

« C’est une opportunité fabuleuse qui s’offre à nous si nous l’utilisons de manière responsable et c’est ce à quoi nous travaillons à l’OCDE avec beaucoup d’acteurs, notamment l’Unesco et la Banque mondiale », affirme Karine Perset. « L’objectif étant de trouver le moyen de maximiser les bénéfices pour l’économie et au même temps mitiger les risques pour la société ».

C’est dans cette optique que l’OCDE a lancé une plateforme OECD.AI, sur laquelle plusieurs les utilisateurs peuvent avoir une plus ample idée des politiques publiques et initiatives des pays, y compris la Tunisie, en matière d’IA. Sur cette même plateforme, il y a, également, des informations sur le marché de l’emploi, les compétences que recherchent les entreprises actives dans le domaine de l’IA, précise Mme Perset.

« Dans le monde de l’emploi tel que structuré aujourd’hui, l’IA peut effectivement être perçue comme une menace », ajoute Mme Perset estimant, toutefois, que l’IA ne remplacera pas l’humain avant bien longtemps de par la lenteur dans l’adoption de cette technologie.

Cette même IA, considérée une menace par certains, est aussi un bon outil d’efficacité. « Elle augmente, en effet, la productivité. Nous n’avons pas beaucoup de chiffres pour le moment, mais il a été démontré que la productivité des développeurs informatiques qui utilisent GhatGPT a augmenté de plus de 60% », assure Mme Perset. « Il est peu probable que l’IA remplace l’expertise, l’expérience (…) L’inquiétude est plutôt du côté de l’emplois des jeunes qui arrivent sur le marché et ont besoin d’apprentissage, d’expérience », note-t-elle.

L’interview au complet est disponible en audio sur notre canal SoundCloud et en version vidéo sur notre chaîne YouTube.

Nadya Jennene

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